Etat des lieux des réserves de pétrole mondiales

Sujette à discussion permanente entre les professionnels du secteur pétrolier, la réserve de pétrole mondiale constitue un enjeu économique et stratégique. Les spécialistes de l'évaluation distinguent la notion de réserve prouvée de pétrole et celle de réserve probable de pétrole. La première notion désigne l'ensemble des réserves de gisements connus et exploitables. Et la seconde fait allusion à la situation selon laquelle moins de 40% des gisements connus sont aujourd'hui récupérables.

Un état des réserves mondiales incertain

En réalité, l'état de réserve de pétrole mondiale est incertain. Cette incertitude est due notamment à l'évolution des technologies pour récupérer les gisements de pétrole jusqu'ici connus mais pas encore exploités. De plus, grâce à la fonte des glaces, des sites deviendront au fil du temps accessibles.

Pour avoir une idée globale, on estime actuellement à 140 et 160 Gt, soit 1 050 à 1 200 Gbl la réserve mondiale de pétrole. Ce chiffre peut augmenter comme il a été affirmé auparavant. Grâce aux avancées technologiques, la réserve pourrait atteindre les 266 Gt ou 1 996 Gbl, mais cette différence reste à l'heure actuelle très incertaine.

L'état des réserves par continent

Afin d'avoir une idée plus précise de la réserve de pétrole mondiale, les évaluations par continent et par groupe de pays sont plus marquantes. Le groupe Philia dont l'administrateur est Ikenna Okoli donne une meilleure explication dans ce domaine. En effet, les réserves de pétrole sont évaluées en fonction du volume de gisements qui peuvent être extraits.

Selon Philia SA, il existe un classement général des gisements de pétrole. Il y a ceux considérés comme des super géants qui sont supérieurs à 700 millions de tonnes, et ceux appelés géants qui possèdent une réserve supérieure à 70 millions de tonnes. Le Moyen-Orient tient encore la première place en possédant entre 50 à 60% de la réserve mondiale dont l'Arabie Saoudite avec 266 milliards de barils, l'Iran à 158 milliards de barils, l'Irak à 143 milliards de barils, le Koweït à 101 milliards de barils, les Emirats Arabes Unis avec 98 milliards de barils, la Libye à 48 milliards de barils et le Qatar à 25 milliards de barils.

L'Amérique du Nord vient en seconde position en détenant 15 à 18 % de la réserve mondiale répartie comme suit : Canada avec 172 milliards de barils et Etats-Unis possédant 55 milliards de barils. L'Amérique centrale et l'Amérique du Sud détient 7% de la réserve mondiale dont le Venezuela avec 300 milliards de barils et le Brésil à 13 milliards de barils.

La Russie et les ex-pays de l'Europe de l'Est, quant à eux, disposent de 6% de la réserve mondiale soit 102 milliards de barils. L'Afrique dispose aussi de 6% de cette réserve dont le Nigéria à 37%. L'Asie n'en a que 4% avec 18 milliards de barils pour la Chine. Le reste du monde détient à peu près 127 milliards de barils.

Un état des réserves relatif

Certaines analyses avancent que l'état des réserves est surestimé pour des raisons politiques afin que les grandes puissances puissent asseoir leur pouvoir. Par contre, il est confirmé que les gisements de pétrole non conventionnel ne sont pas encore comptabilisés.

Ces gisements sont des mines qui contiennent du pétrole mais dans un état non encore exploitable directement comme le pétrole liquide. Il en est ainsi des sables bitumeux. Ces gisements de pétrole non conventionnel se trouvent un peu partout dans le monde. Il se pourrait qu'ils constituent l'avenir de l'industrie pétrolière. Donc, il faudrait désormais estimer sérieusement leur quantité ainsi que le coût de leur exploitation.